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La légitimation démocratique du pouvoir à Madagascar

Depuis son indépendance, Madagascar a subi de nombreuses crises politiques cycliques qui ont grandement contribué à la dégradation de sa situation socio-économique. Les mouvements populaires de 1972, 1991, 2002 et 2009 qui ont conduit au départ du Chef de l’Etat ont chacun ébranlé le système socio-économique malgache. Toutefois, la dernière grande crise de 2009 a mis le pays à genoux jusqu’à en faire le plus pauvre du monde depuis 2011 selon la Banque Mondiale. Les inégalités sociales n’ont jamais été aussi prononcées. Une grande partie des Malgaches a perdu confiance envers les institutions. Un sondage politique mené à Antananarivo en août 2013 a montré que 61,2% des enquêtés n’ont aucune confiance aux partis politiques et que 25,3% disent ne pas leur faire assez confiance.

En cette fin d année 2013, après presque cinq années de transition et de recherches stériles de consensus, beaucoup placent leurs espoirs dans les élections pour sortir de cette crise. Celles-ci représentent en tout cas selon spécialistes « la moins pire des solutions » pour sortir la Grande Île de l impasse dans laquelle elle se trouve. Les élections permettront en effet de mettre légalement en place de nouveaux leaders politiques qui auront à exercer le pouvoir à leurs niveaux respectifs. Cela pourrait constituer un nouveau pas vers la démocratisation de Madagascar ou vers la consolidation de celle-ci selon les points de vue.

D’emblée, une question se pose alors. Ces élections légitimeront-elles réellement le pouvoir à Madagascar? En d’autres termes, suffit-il d’élections pour sortir de cette crise de légitimité? N’oublions pas que Madagascar a connu des crises post-électorales! Si oui, à quelles conditions? Dans les régimes démocratiques, l’exercice du pouvoir se légitime par le fait-même de l’élection. Légitimité et légalité, c est-à-dire la désignation des dirigeants selon les règles, ne devraient donc faire qu un. Et pourtant, légitimité et légalité, deux notions qui ont bien leur différence, ne vont pas toujours de pair. La question de légitimité ne saurait se limiter aux élections.

Même dans les pays déjà avancés en matière démocratique, les dirigeants politiques élus n’ont pas toujours la confiance de leurs concitoyens, et l’Etat perd également parfois de sa crédibilité. Dans les pays où la démocratie, simple plagiat des démocraties occidentales, a juste été transposée sur la société mais n’émane pas d’elle, le problème de légitimité du pouvoir se pose de manière bien plus cruciale. Et tant que la question des fondements de la légitimité du pouvoir ne sera pas résolue, Madagascar sera toujours le théâtre d’une instabilité politique.

L’objet central de cette étude est donc d’analyser les sources de légitimation du pouvoir à Madagascar afin de pouvoir avancer dans la consolidation de la démocratie.

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